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Asie

Malaisie : des côtes aux îles de Bornéo

De Sipadan à George Town, la Malaisie relie récifs de Bornéo, villages de Terengganu, marchés de Kota Belud et cuisine peranakan.

Ce qui rend ce pays unique

  • Sipadan et ses requins gris de récif
  • Perhentian Islands d’avril à octobre
  • La côte est autour de Tioman Island
  • Kaamatan à Kota Kinabalu les 30 et 31 mai
  • Char kway teow dans les hawker centres de George Town
  • Marchés de batik à Pasar Payang
  • Tamu de Kota Belud et artisanat de Sabah

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Ce pays pour un plongeur

Pour un plongeur, la Malaisie est d’abord un pays de contrastes géographiques : une péninsule tournée vers la mer de Chine méridionale et Sabah, au nord de Bornéo, ouvert sur la mer de Célèbes. Cette dualité distingue le pays de l’Indonésie voisine par la coexistence très visible d’un islam d’État, de quartiers chinois, de traditions indiennes et de cultures autochtones. Sous l’eau, les séjours reposent souvent sur des sorties bateau, des traversées incontournables et une attention réelle aux courants. L’intérêt est donc autant dans le choix de la façade que dans celui du site.

Comment le pays se découpe

La péninsule rassemble deux visages de la plongée. Les Perhentian Islands et Tioman Island appartiennent à la côte est, avec des séjours insulaires où les villages, les ferries et les centres de plongée structurent la vie quotidienne. Pahang forme le territoire de liaison vers Tioman et suit la même fenêtre, d’avril à novembre. Perhentian s’ouvre d’avril à octobre, tandis que Tioman reste accessible un mois de plus. À Bornéo, Kota Kinabalu sert de porte d’entrée à une côte urbaine et aux départs vers les îles ; sa saison va d’avril à août. Sipadan relève d’un autre voyage, plus concentré autour de la mer de Célèbes, avec une fenêtre d’avril à juin et une fréquentation élevée. Layang-Layang occupe encore une position à part : le séjour y est plus coûteux, réservé aux plongeurs expérimentés et compatible avec une croisière. Le choix se fait donc entre côte est villageoise, accès insulaire depuis Sabah et expédition plus isolée.

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Quand partir, et où selon le mois

Avril, mai et juin sont les mois les plus ouverts : Kota Kinabalu, Pahang, les Perhentian Islands, Sipadan et Tioman Island sont alors dans leur saison. C’est la période qui laisse le plus de latitude pour choisir entre péninsule et Bornéo, ou pour construire un itinéraire autour d’une fenêtre précise. En juillet et août, Sipadan sort du calendrier, tandis que Kota Kinabalu, Pahang, Perhentian et Tioman restent possibles. En septembre et octobre, la fenêtre se resserre encore sur la côte est, avec Pahang, Perhentian et Tioman. Novembre ne conserve que Pahang et Tioman. De décembre à mars, aucune de ces zones n’apparaît dans le calendrier de saison. Cette alternance suit le rythme de la mousson et l’exposition différente des façades : la mer qui permet les liaisons et les sorties sur une côte ne crée pas la même fenêtre sur l’autre. Le mois de départ doit donc précéder le choix de l’itinéraire, non l’inverse.

La faune, d’une côte à l’autre

La faune ne se lit pas de la même manière d’une façade à l’autre. Aux Perhentian Islands, l’intérêt se situe dans le foisonnement des poissons de récif : fusiliers, vivaneaux, carangues dorées, poissons-perroquets à bosse, poissons-papillons, poissons-clowns et poissons-coffres. Les tortues de mer, les raies pastenagues à taches bleues, les raies pastenagues de Jenkins et les requins-bambou donnent à ces plongées une signature très différente de celle de Bornéo. Sipadan concentre davantage les rencontres qui orientent un voyage entier : requins gris de récif, requins de récif à pointes blanches, raies aigles et poissons-perroquets à bosse, avec aussi des gobies et des pieuvres. Les noms de Barracuda Point, South Point ou Turtle Tavern suffisent à rappeler que l’on ne choisit pas seulement une île, mais un type d’observation et une logistique de séjour.

Circuler entre les zones

La péninsule est la partie la plus simple à articuler. Kuala Lumpur ou Penang peuvent précéder Tioman Island ou les Perhentian Islands, mais le trajet vers la côte est combine route, bus et ferry : une journée entière peut disparaître entre les correspondances, notamment quand les horaires maritimes varient. Pahang et les Perhentian Islands sont séparés d’environ 380 kilomètres, comme les Perhentian Islands et Tioman Island ; ces distances ne se transforment donc pas en saut d’île à île. Ajouter Sabah change d’échelle. Kota Kinabalu se trouve à 330 kilomètres de Sipadan, mais l’accès passe par un vol vers Tawau, la route jusqu’à Semporna, puis les bateaux. Un séjour réunissant Penang, la côte est et Sipadan devient une succession de vols, de transferts et de journées partiellement absorbées. Layang-Layang relève plutôt d’un programme dédié, avec une croisière possible et une organisation distincte.

Enlevez votre masque

La Malaisie se découvre par ses marchés autant que par ses villes. À Kuala Lumpur, Central Market et Kraftangan Kompleks Kraf, Jalan Conlay réunissent batik, songket, pewter et bois sculpté. Sur la côte est, Pasar Payang à Kuala Terengganu privilégie les textiles et les objets liés à Terengganu, tandis que Pasar Siti Khadijah à Kota Bharu plonge dans le batik et le songket de Kelantan. À Sabah, le Tamu de Kota Belud et le Gaya Street Sunday Market montrent une vie de marché plus autochtone, avec paniers en rotin, poissons et objets traditionnels ; Mari Mari Cultural Village présente les communautés Kadazan-Dusun, Rungus et Murut. George Town ajoute les shophouses, les temples, les mosquées et l’héritage peranakan. Dans l’assiette, le char kway teow et l’assam laksa sont associés à Penang, l’ikan bakar et le keropok lekor à Terengganu, tandis que le nasi lemak et le roti canai se trouvent dans tout le pays. À Sabah, le hinava apporte une lecture kadazan-dusun du poisson cru mariné. Le teh tarik accompagne volontiers ces repas, et le tuak appartient davantage aux traditions de Bornéo.

Ce qui vaut partout dans ce pays

La plongée malaisienne demande une flottabilité déjà solide et une vraie aisance en pleine eau : les conditions peuvent changer, avec du courant variable à Sipadan, Pahang ou Layang-Layang. Le briefing mérite d’être écouté pour comprendre le profil du site, la plongée dans le courant et la conduite à tenir en cas de courant descendant. Les traversées maritimes imposent une marge météo ; une journée tampon évite de transformer un retard de ferry en correspondance manquée. Le Nitrox prend son sens sur des journées de plongées bateau répétitives, à condition de garder un rythme confortable et de respecter les paliers de sécurité. Enfin, le statut de parc marin ne dispense pas de choisir un opérateur exigeant sur la flottabilité et le non-contact : la fréquentation reste sensible sur les sites protégés et particulièrement élevée autour de Sipadan.

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